samedi 18 décembre 2010

Dans la série je râle

Abandon, acceptation, fatalisme, renoncement, soumission... C'est en Argentine que j'ai vraiment compris le sens du mot résignation.

Oui c'est ça, résignés, c'est comme ça que je définirais l'attitude des Argentins qui sont confrontés au quotidien à des situations où la seule chose à faire est d'attendre. Ou disons plutôt que le rapport à l'attente et au temps est très différent du notre. L'attente est omniprésente au quotidien, elle fait partie de la normalité.

Personne ne bronche ni s'indigne quand au bout de 40 minutes d'attente, le bus qui arrive enfin ne daigne pas s'arrêter parce qu'il risquerait d'arriver trop tard pour le coup d'envoi du match. Pas un seul soupire à la pharmacie quand payer une boîte d'aspirine prend 48 minutes parce que que la caissière est en pleine conversation sur son portable pour raconter à sa copine la soirée de la veille. Personne ne lève les yeux au ciel à la caisse du supermarché quand la cliente de devant, après avoir vidé les 3/4 de son caddie sur le tapis, s'aperçoit qu'elle a oublié de faire la moitié de ses courses et repart en vadrouille 72 minutes au fin fond du magasin, bloquant ainsi le reste de la file. Cela parait normal à tout le monde qu'après avoir passé deux heures à obtenir un numéro de client pour faire livrer les courses du supermarché en déclinant son identité, ses coordonnées et le récit de sa vie, il faille les fois d'après fournir le numéro en question, plus à nouveau son identité, ses coordonnées, et le récit de sa vie. Au cas où on ne les retrouve pas avec le numéro de client.

C'est comme ça, c'est la fatalité... Et moi j'ai un peu de mal à m'y faire.

Bon là je sais je suis dans la phase je-fais-ma-Française, c'est le deuxième effet Kiss Cool de mon histoire d'ordi et que voulez-vous, chassez le naturel il revient au galop!

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ceux qui on raz le bol,partent...et c'est un plaisir de s'installer dans un pays béni comme la France,oû,nous,les râleurs,on peux râler et être écoutés,n'empeche que quant on va en touriste dans son pays natal,on souffre,on souffre...

Cha a dit…

t'inquiète c'est normal on est les champions du monde du pessimisme
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/economie/20110103.OBS5620/sondage-la-france-championne-du-monde-du-pessimisme.html
Alors même loin, on n'oublie pas ces racines.
Moi ça m'exaspèrerait aussi rapidement tout ça.