Il s'agit de 3 corps d'enfants, une adolescente de 15 ans (la Doncella), une petite fille de 6 ans (la Niña del Rayo) et un garçon de 7 ans (El Niño) sacrifiés il y a plus de 500 ans, et dans un état de conservation parfait. Ils ont tous trois été choisis par l’élite Inca de l’époque pour participer à ce rituel considéré par tous comme un très grand honneur. De grandes cérémonies se déroulaient à Cuzco au Pérou pour célébrer ces enfants choisis parmi les plus beaux des héritiers des plus grandes familles. Une fois la fête terminée, les enfants entamaient un long voyage dans les Andes en compagnie de l’Inca, d’une délégation de nobles et des prêtres du soleil. Arrivés au sommet destiné à être leurs tombeaux, ils étaient revêtus d’une tunique d’apparat, puis saoulés à la chicha pour les plonger dans un sommeil sans fin. Une fois les enfants endormis par l’alcool et le froid, on les disposait au fond de leur tombeau, décidant de leur position et disposant aux alentours de nombreuses figurines de bronze (poupées et lamas), et tout un trousseau comportant de très jolies pièces de tissus et d’orfèvrerie.
C’est ainsi que les archéologues les ont retrouvés 500 ans plus tard, naturellement momifiés par congélation. En effet, le froid (il fait perpétuellement entre – 20 ° et – 30 ° au sommet du volcan), le manque d’oxygène (la pression atmosphérique chute de plus de 50 % là haut) et la sécheresse de l’air ont permis de conserver intacts les enfants.
Tous les six mois, le musée change la momie qui est exposée aux visiteurs. Nous ne savions pas exactement ce que nous allions voir et nous pensions nous retrouver face à des ossements enrubannés. Mais quand on arrive dans la dernière salle du musée, difficile de croire ce que l'on voit, et l'émotion est palpable dans la salle. En ce moment c'est la la Niña del Rayo qui est exposée dans le caisson cylindrique, où les scientifiques ont recréé les mêmes conditions qu’au sommet du Llullaillaco. Le corps est intact, les cils sont encore présents, la peau est foncée par le temps mais semble respirer... C’en est tellement réel que c’est difficile à croire. On en fait le tour les yeux écarquillés, plus personne ne parle, l’imaginaire prend son envol, de nombreuses questions se bousculent…